COMPTE RENDU DU SYMPOSIUM
DES FORMATIONS UNIVERSITAIRES AUX CARRIERES DU DEVELOPPEMENT
EN
AFRIQUE DU 22 AU 24 NOVEMBRE 2006
Par BARRY Oumar Yoro (CREPA,
Ouagadougou)
L’an deux mille six les vingt deux, vingt trois
et vingt quatre novembre s’est tenu dans les locaux
du Groupe des écoles EIER ETSHER sis à
Ouagadougou le « symposium des formations universitaires
aux carrières du développement en Afrique
». Cette rencontre a regroupé une quarantaine
de participants venus de différents horizons
dans le but de susciter la réflexion sur le thème
sus visé.
Après une
introduction liminaire du point focal M. ALINON Koffi
en guise d’introduction, M. le Recteur de l’Université
Senghor, le Professeur TEXIER Fernand a remercié
respectivement le gouvernement Burkinabé pour
les facilitations réservées à sa
délégation et lui même et le Directeur
de 2 iE ainsi qu’à l’ensemble de
ses collaborateurs pour la bonne organisation de ce
symposium.
Prenant la parole
M. MAÏGA Directeur adjoint du Groupes des écoles
EIER – ETSHER a souhaité, au nom du Directeur
empêché, la bienvenue à l’ensemble
des participants. Après une présentation
succincte de son institution, il a mis l’accent
sur les multiples formes de coopération que les
deux structures (2 iE / US) pourraient envisager dans
l’avenir.
Ensuite l’honneur
devrait échoir au représentant du Ministre
des Affaires étrangères du Burkina qui,
après avoir souhaité la bienvenue aux
participants au pays des hommes intègres, a insisté
sur les qualités du parrain de notre institution
qui se présentait a priori comme un homme de
culture. Pour l’exposant, son statut d’homme
politique était relégué au second
plan. Dans le cadre du centenaire de la naissance de
Senghor, il estime que ce symposium arrive à
son heure et s’inscrit en droite ligne avec les
préoccupations des chefs d’état
ayant en commun l’usage du français lors
de leurs assises tenues en novembre 2004 au Burkina
Faso. Après son allocution il a déclaré
ouvert le symposium.
A la reprise le Recteur, les quatre Directeurs de départements
et le responsable du secteur TIC ont fait des interventions
sur les défis majeurs et les mutations en cours
au niveau de notre institution.
L’intervention du Recteur a porté essentiellement
sur la mise en œuvre du plan stratégique
retenu lors des dernières assemblées du
conseil académique de notre institution.
Il faut noter que le Diplôme délivré
est passé du DEPA au Master LMD. La première
(1ère) promotion (2005 – 2007) mais la
onzième (11ème) de l’Université
va sortir au mois de mai 2007.
Cette innovation,
selon les différents intervenants, dans le cadre
de la réforme du DEPA s’avère bénéfique
et présente des avantages par rapport au DEPA
(co-diplomation, reconnaissance, mobilité avec
la participation de 20 à 25 étudiants
de Paris I, souplesse, rayonnement cf. colloques, symposium,
etc.)
L’accent
a été mis également sur la nécessité
de :
-
développer les formations
continues (1 à 9 semaines) ;
-
développer des activités
annexes (collections, éditions d’ouvrages
sur les sites patrimoniaux en collaboration avec
les structures de la francophonie) au niveau du
département patrimoine culturel en collaboration
avec les anciens auditeurs ;
-
initier des formations à
distance type Master ;
-
développer les TIC dans
l’offre de formation ;
-
sélectionner de bons
formateurs Gestion environnement (AFD, CIRAD, BIRD,
Université Blaise Pascal, etc.), et Département
Santé (Université Mont Réal
IUED, ISPED, Hospices civils de Lyon, etc.) ;
-
favoriser les formations à
la carte et à la demande dans le cadre du
renforcement des capacités sur des thèmes
aussi variés (bonnes pratiques en micro-finance,
management et bonne gouvernance) ;
-
prévoir la possibilité
de créer une 2ème filière au
département GE (Gestion de l’Environnement);
-
intégrer les technologies
éducatives, favoriser l’auto- formation
en TIC ;
-
développer des stages
sur mesure en fonction des profils ;
-
favoriser l’accès
à l’information scientifique et technique
;
-
accroître la place des
TIC dans l’offre de formation et d’intégration
technique ;
-
développer des cursus
en ligne, etc.
La richesse des
débats a montré l’intérêt
que les participants ont accordé aux mutations
qui s’opèrent au sein de l’institution.
Pour la frange des diplômés qui veulent
poursuivre des études de doctorat la réflexion
devra se poursuivre avec les autorités de l’université.
A la suite de ces interventions, il y a eu, avec intérêts,
les témoignages de deux anciens auditeurs. Le
témoignage portant sur l’insertion des
diplômés ivoiriens n’est pas reluisant.
Cependant, force est de constater que ce pays est en
crise, de même, il ressort que les diplômés
doivent avoir un « fighting spirut » et
savoir se vendre en s’appuyant sur le réseau
senghorien et la solidarité. Pour le second intervenant
le problème évoqué faisait référence
à la flexibilité (passage d’un poste
de contrôleur de gestion à une responsabilité
administrative).
L’après midi a été réservée
aux tables rondes suivantes :
Trois thèmes ont été abordés
:
1.1 « Les formations
universitaires et le métier de consultants »
Par M. KUATE Victor
Ce thème d’actualité a réveillé
les consciences sur l’entreprenariat et la vente
de l’expertise, la relation client – consultant,
les bonnes pratiques pour les montages des offres etc.
Les difficultés inhérentes à la
consultation ont été évoquées
: montage des offres, entorses aux appels d’offres
(généralement orientés), faiblesse
des moyens financiers pour jeunes cabinets, concurrence
avec les cabinets étrangers. Il faut aussi noter
que les qualités requises pour être un
bon consultant ont été présentées
: être diplomate, avoir confiance en soi (self
confident), savoir convaincre, etc.
1.2 « Le système
intégré de suivi – évaluation
technique comptable et financier dans les projets de
développement » M. Nanalngar Moyengar
Après avoir défini les concepts de suivi
et évaluation dans le contexte du PSAOP qui de
l’avis de l’intervenant paraissent mal compris
des acteurs impliqués.
Dans le cadre du suivi il s’est interrogé
sur la finalité des résultats enregistrés
: rendre compte aux parties concernées (bailleurs,
bénéficiaires, etc., mieux programmer
les actions … Le suivi des activités nécessite
la mise en place d’un tableau, la définition
d’indicateurs pertinents et mesurables et l’implication
et l’adhésion des partenaires (approche
participative).
L’évaluation quant à elle nécessite
un certain délai d’investigation. Elle
doit se faire selon une certaine périodicité
en vue de la pérennisation des effets et ceci
en se référant au cadre logique et au
manuel de procédures.
Les outils doivent s’adapter au contexte en vue
de garantir un succès.
1.3 « Le financement
du développement : Expérience de la BRS
– Burkina » Mme DAOU née NEBIE Clarisse
La BRS est une banque qui s’écarte des
banques traditionnelles. Elle finance les « laissés
pour compte » c'est-à-dire les populations
marginalisées qui ne présentent pas en
général de garanties.
Cette banque a été créée
le 22 novembre 2005. Elle a financé des porteurs
de projets viables dans des domaines aussi variés
(artisanat, couture, jeunes diplômés sans
emplois, etc.). Les taux d’intérêt
sont bas par rapport aux banques classiques.
Sur le plan des contraintes les populations cibles sont
analphabètes et n’ont pas les aptitudes
pour faire des plans d’affaires. C’est pour
cette raison que la BRS s’appuie sur un réseau
de consultants pour accompagner ces promoteurs. Aussi,
les jeunes diplômés sont-ils soit averses
au risque ou ne sont pas aptes à conduire les
projets. A ce titre la mise en place de structures relais
de formation en entreprenariat s’avère
nécessaire.
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