| Le
Patrimoine Culturel Africain
Paris, Université
Senghor/Maisonneuve et Larose, 2001, 409 p.
En ce début du XXIème siècle,
la question de l'existence d'un patrimoine culturel
ne se pose plus en tant que telle en Afrique.
La plupart des nations ont mené des actions
d'inventaire et engagé des projets de conservation.
Les politiques nationales et internationales de
production se conjuguent souvent pour faire aboutir
les opérations, même si les enjeux
qu'elle portent ne sont pas identiques. Les unes
s'adressent en priorité à la communauté
nationale et doivent aider à la constitution
d'une identité commune ; les autres veulent
avoir une dimension plus universelle, ne veulent
pas contribuer à la production d'identités
spécifiques et n'ont pas nécessairement
les mêmes destinataires. Elles concernent
d'abord les visiteurs du monde qui trouvent dans
leurs voyages ces différents repères
du génie humain.
Néanmoins, de nombreuse nations peinent
encore à affirmer des choix politiques
dans ce secteur, comme si elles n'arrivaient pas
à identifier leur patrimoine culturel et
s'en remettent à des interlocuteurs extérieurs
pour assurer cette tâche.
L'Afrique véhicule toujours des représentations
contradictoires avec la reconnaissance, à
l'échelle internationale, de son importance
culturelle ; et les actions de valorisation patrimoniale,
telles qu'elles sont engagées, ne sauraient
suffire pour rééquilibrer cette
situation, d'autant que certaines mesures peuvent
même aller à l'encontre des objectifs
de réhabilitation culturelle, assignés
à ces politiques.
Elles demeurent en effet contrôlées
par des acteurs techniques et politiques, tous
formés à une même idéologie
du patrimoine qui continuent à véhiculer
une conception «classique» des monuments
historiques, à ne retenir que certaines
formes, et par là même, à
privilégier un certain modèle de
société, façonné dans
la civilisation occidentale.
Les difficultés que rencontrent bon nombre
de nations africaines à mettre en œuvre
ces politiques résultent sans doute tout
autant du cadre culturel restrictif dans lequel
elles sont conçues que dans le manque de
moyens, sans cesse invoqués.
Sommaire
Caroline
GAULTIER - introduction.
Shaje TSHILUILA - présentation générale.
I DES PATRIMOINES ET DES MUSÉES :
Pierre de MARET - Patrimoine africains : plaidoyer
pour une approche plurielle.
Neino CHAIBOU - Le Musée National du Niger
: culturel et environnement.
Rachida de SOUZA-AYARI et Zéphirin DAAVO
- Les patrimoines familiaux au Bénin.
Abdoulaye CAMARA - Gorée : passé,
présent et futur.
Fernando NANZAMBI VUVU - Une approche multidisciplinaire
pour l'étude des objets culturels dans
les collections du musée Dundu en Angola.
Les cas de l'étude du «penseur»
cokwe.
Jean-Gilbert JULES KOULOUFOUA - Patrimoine en
danger : les cas du Congo.
Habib BEN YOUNES - Les musées archéologiques
en Tunisie.
II LE PATRIMOINE BÂTI
:
Alain SINOU - Le patrimoine architectural et urbain
en Afrique : un état des lieux à
l'échelle continentale.
Mohamed BOUSSALH - Habitat vernaculaire en terre
des vallées présahariennes du Maroc.
Cas de la vallée du Dràa.
III LES COLLECTIONS AFRICAINES HORS D'AFRIQUE
:
Étienne FÉAU - L'art africain dans
les collections publiques européennes.
IV Trafic illicite et protection du patrimoine
:
Shaje TSHILUILA - Le trafic illicite.
Vincent NÉGRI - La création du droit
du patrimoine culturel en Afrique.
V PATRIMOINE ET PARTENARIAT
:
Jean-Yves MARIN - L'utilisation des outils du
partenariat au sein de la communauté muséale
et patrimoniale africaine.
VI PATRIMOINE ET ARTISANAT
:
Komlan AGBO - Patrimoine et artisanat au Togo.
VII PATRIMOINE ET DÉVELOPPEMENT
:
Francisco AYI d'ALMEIDA - Des musées de
développement, espoir pour l'Afrique.
VIII PATRIMOINE ET NOUVELLES
TECHNOLOGIES :
Caroline GAULTIER - Les inforoutes du patrimoine.
|