Historique de l'Université Senghor
 
 

Historique

L'idée de créer un établissement universitaire de langue française à Alexandrie a son origine dans des conversations tenues, au début des années quatre-vingt, entre le Président Léopold Sédar Senghor et Monsieur Boutros-Ghali, Ministre d’État Égyptien des Affaires Étrangères. Cette idée fut reprise et précisée dans les entretiens qu'eurent, pendant le Sommet de Québec, en 1987, M. Boutros Boutros-Ghali et M. Maurice Druon, Secrétaire Perpétuel de l'Académie Française.

Au début de 1988, la Commission de la Francophonie de l'Académie Française prit l'initiative de proposer le projet d'une telle université comme candidat au prix annuel constitué par la Fondation Fiat-France et mis à disposition de l'une des cinq Académies constituant l'Institut de France, à tour de rôle. Le 18 mai 1988, Monsieur Giovanni Agnelli remettait à Monsieur René-Jean Dupuy, Professeur au Collège de France, la sphère du Mécénat, assortie d'une dotation de un million de francs, pour permettre la constitution et les travaux d'un conseil international d'experts chargé de définir les objets et les structures d'une université de langue française à Alexandrie. Ces experts, éminents universitaires, médecins, juristes, économistes, financiers, appartenant à neuf pays (Belgique, Canada, Égypte, France, Italie, Maroc, Sénégal, Suisse, Tunisie) et siégeant à titre personnel, se réunirent à diverses reprises à Paris, Rabat et le Caire.

Il fut établi d'emblée que l'Université Senghor d'Alexandrie ne devait concurrencer en rien, les grands établissements universitaires africains, qu'elle relèverait, dans son organisation comme dans son financement et son fonctionnement, de la coopération multilatérale, qu'elle devrait donc être indépendante, et qu'elle aurait pour vocation de former de jeunes cadres aux méthodes professionnelles les plus modernes et de perfectionner leurs aptitudes à l'exercice des responsabilités dans les domaines d'activité les plus nécessaires au développement des pays et des peuples de l'ensemble de l'Afrique: "Un pôle d'excellence" selon l'expression des experts.

Il fut arrêté pour le futur établissement la désignation générale d'Université internationale de langue française au service du développement africain, et le nom, plus bref et éminemment symbolique d'Université Senghor lui fut donné, sur proposition des experts égyptiens.
Dès le mois de février 1989, le projet était prêt: statuts, structures, programmes, fonctionnement, évaluations budgétaires.

Il prévoyait la mise en place d'un enseignement de troisième cycle, étalé sur deux ans et à dominante pratique, organisé en deux départements Nutrition-Santé et Administration-Gestion. Il pouvait être alors présenté d'une part au Premier Ministre Égyptien Monsieur Atef Sedki; d'autre part au Président du Comité préparatoire du Sommet de Dakar, Monsieur Christian Valantin, pour être inscrit au programme de ce troisième Sommet francophone.

Le projet rencontra l'adhésion unanime des participants au sommet et le soutien actif de Monsieur François Mitterrand, ancien Président de la République française. Le Gouvernement canadien s'engagea, quant à lui, à financer une chaire d'environnement qui fût intégrée, par la suite, sous forme d'un troisième département de l'université, le Département Gestion de l’Environnement. Un quatrième département de Gestion du Patrimoine Culturel, fut enfin crée sur la recommandation des Ministres de la Culture qui s’étaient réunis à Liège en 1992.
L'acte de création de l'Université Senghor fut signé à Dakar, en mai 1989, sous forme d'un protocole d'accord entre S.E. Monsieur Abdou Diouf, Président de la République du Sénégal, en sa qualité de président en exercice de la conférence des Chefs d’État et de Gouvernement des pays ayant en commun l'usage du français, et Monsieur Boutros Boutros-Ghali, Représentant Personnel du Président Moubarak, au nom du Gouvernement de la République Arabe d’Égypte.

 
 
Installation
Ce protocole allait être entériné par l'Assemblée Nationale Égyptienne. En novembre 1989, un accord de siège signé au Caire, entre M. Boutros Boutros-Ghali et le Recteur de l'Université Senghor, permettait son installation à Alexandrie dans un bâtiment très moderne - la Tour du Coton - construit face à la mer et dont cinq étages, de 1800 m² chacun, étaient mis à sa disposition par le Gouvernement égyptien. De novembre 1989, à octobre 1990, soit en un peu moins d'un an, d'importants travaux durent être réalisés pour aménager les locaux de la future université. Dans le même temps, les autorités de l'Université Senghor procédaient au recrutement de la première promotion d'auditeurs (1990-1992), selon le mode de sélection très strict prévu par le Comité d'experts.
 
 

 

Inauguration
Le 4 novembre 1990, l'Université Senghor fut solennellement inaugurée par leurs Excellences M. Mohamed Hosni Moubarak, Président de la République Arabe d’Égypte, M. Abdou Diouf, Président de la République du Sénégal, M. François Mitterrand, Président de la République Française, M. Mobutu Sese Seko, Président du Congo R.D. (ex Zaïre), et le Président Léopold Sédar Senghor, en présence de S.A.R. le Prince Héritier du Royaume de Belgique, de représentants des gouvernements canadiens, québécois et de la Communauté Française de Belgique, et de l'ensemble du corps diplomatique francophone présent en Égypte.

L'importance et la solennité de cette manifestation ont montré l'attachement et l'intérêt que porte l'ensemble de la communauté francophone à la réussite de cette nouvelle institution privée de 3ème cycle reconnue d'utilité publique internationale, dont l'objectif est de former et de perfectionner des cadres et des formateurs de haut niveau et d'orienter leurs aptitudes vers l'action et l'exercice des responsabilités en Afrique dans certains domaines prioritaires pour le développement africain :

en réunissant à l'échelle des pays ayant en commun l'usage du français, les moyens de formation pluridisciplinaire et les expertises scientifiques et professionnelles du plus haut niveau,
en appliquant des méthodes de formation active propres à favoriser l'esprit d'initiative, la pratique de l'organisation et de la communication, et l'usage de l'informatique de gestion,
en complétant cette formation spécialisée par un programme commun de culture générale, qui porte notamment sur l'histoire des civilisations africaines et les relations internationales.