Facteurs de dégradation et de disparition des monuments et sites

A la suite de certains facteurs d'ordre physique, économique, social, idéologique la richesse culturelle, historique et naturelle de la République Démocratique  du Congo se dégrade et est en voie de disparaître au détriment de la mémoire collective des Congolais et de l'humanité tout entière.

Ainsi la connaissance ci-haut étalée sur les sites et monuments du Congo n'est toujours pas d'actualité. Voici à cet effet les facteurs mis en cause :

1. L'exploitation forestière et agricole : l'accroissement des exploitations, la mise en culture de nouveaux terrains, le surpâturage. le reboisement entraînent via une érosion accrue, la dégradation ou la disparition de nombreux sites archéologiques de plein air.

2. L'exploitation  industrielle  et  minière :  qu'elle  soit  industrielle  ou  artisanale. L'exploitation minière entraîne la destruction de nombreux sites archéologiques au Kasaï. Kivu (kilo-Moto). Katanga. Bas-Congo (grotte ornée de Mbafü).

L'extension ou la modernisation peut aussi entraîner la disparition de vestiges industriels d'un grand intérêt

3. La construction d'infrastructures : dans les régions où le couvert végétal est  dense, où les dépôts alluvionnaires épais, les travaux routiers entraînent souvent la découverte de vestiges archéologiques. Une surveillance étroite de ces travaux est donc nécessaire pour effectuer les observations indispensables et des fouilles de sauvetage.

4. L'Urbanisation : la croissance urbaine rapide entraîne au centre des agglomérations la détérioration, la destruction de bâtiments coloniaux plus au moins délabrés ou leur transformation.

A la périphérie des villes, l'extension anarchique de l'habitat entraîne directement ou indirectement (érosion, dépôts d'immondices, extraction de matériaux de construction) la disparition de sites archéologiques.

5.  Le tourisme : il a entraîné par le passé à travers les graffiti, les fouilles illégales, le dépôt d'ordures la dégradation des sites.

Relevons aussi que du point de vue touristique, le potentiel culturel du Congo n'a jamais été mis en valeur, même en ces lieux privilégiés que sont les parcs nationaux.

6. Le trafic d'art :  hormis les touristes,  les trafiquants internationaux et bon   nombre d'expatriés achètent des œuvres d'art anciennes exportées illégalement. Ce commerce illicite constitue pour le pays un des plus graves menaces qui pèse sur son patrimoine artistique et spirituel.

7. Le facteur idéologique : en 1971, sous l'impulsion du CVR (Corps des Volontaires pour la République),  on s'est adonné, à travers le pays. au déboulonnage des monuments coloniaux, tels à Kinshasa, ceux du Roi Souverain et Stanley. Ce qui constitue une perte de mémoire collective grave sur l'histoire politique du Congo en tant qu'Etat né d'une action coloniale.

8. Perte des traditions : l'exode rural, l'éclatements des fouilles, l'influence et la modernité. les bouleversements sociaux, économiques et religieux concourent à la perte des traditions ancestrales : disparition des savoirs et savoir-faire en matière des langues, des traditions orales et musicales, de l'environnements. des techniques de fabrication et d'extraction.

Dès lors, le paysage qui associe étroitement le culturel et le naturel, perd sa signification sociale et symbolique qui protégeait l'environnement. Ainsi la désacralisation de bois et de bosquets au Bas-Congo permet-elle leur destruction.

9. Les guerres :  facteur d'actualité,  la guerre  menée par l'AFDL  et  ayant  conduit le Président KABILA au pouvoir en 1997 ainsi que l'agression militaire actuelle de la RDC par les Ruandais. Ougandais et Burundais ont modifié à coup sûr et négativement l'environnement culturel, historique et naturel de notre pays.

10. Vétusté et délabrement : faute d'entretien et de surveillance de certains bâtiments anciens préservés jusqu'à présent, ils subissent un processus de destruction rapide.

11. Fermeture d'institutions et de sociétés : l'interruption ou la restructuration de diverses activités entraînent l'abandon et la destruction de leurs archives que les Archives Nationales n'ont pas le moyen de sauvegarder, surtout en dehors de Kinshasa.

12. Manque de suivi dans les actions de protection : L'évolution chaotique de ces dernières années handicape durement les actions de protection qui ont été entreprises à l'initiatives du pouvoir politique.

Pendant les cinq premières années de sa création. l'Institut des Musées Nationaux du Congo a mené des missions fructueuses à travers toutes les provinces. Mais de 1976- à 1979 les subsides allouées par l'Etat à cette institution  ne  couvraient même pas l'enveloppe salariale du personnel.

  

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