Approche théorique

Les monuments et sites constituent un des volets du patrimoine culturel et historique d'un peuple. Mais toute problématique sur la question du paysage culturel doit être envisagée dans un contexte de synergie entre culture et environnement. Car, en Afrique, on n'oppose pas la nature à la culture. L'environnement étant culture, l'homme en tant que produit et facteur de la culture vit en étroite symbiose avec la nature.

Au cours de la conférence Culture et développement organisée du 02 au 03 avril 1992 au siège de la Banque Mondiale à Washington, défini comme un ensemble qui englobe « les sites historiques, les constructions, les artefacts et les événements culturels, que chaque peuple considère comme éléments de son patrimoine culturel », ce concept est cerné par l'Unesco à Paris en 1995 comme un trésor de ressources culturelles, matérielles et immatérielles, qui incarnent la mémoire collective des communautés à travers le monde et confortent leur sentiment d'identité en une «époque d'incertitude ».

A ce titre, les monuments, les ensembles et les sites étaient déjà considérés par la conférence générale de l'Unesco à sa dix-septième session en 1972 comme " patrimoine culturel " susceptible d'être inscrit sur la liste du patrimoine mondial.

Dans cette logique, par monuments, il fallait entendre les œuvres architecturales de sculpture ou de peinture monumentales, les éléments ou structures de caractère archéologique, les inscriptions, les grottes et les groupes d'éléments qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l'histoire, de l'art ou de la science.

Les ensembles constituent des groupes de constructions isolées ou réunies qui en raison de leur architecture, de leur unité ou de leur intégration dans le paysage ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l'histoire, de l'art ou de la science.

Quant aux sites, ce sont des œuvres de l'homme ou œuvres conjuguées de l'homme et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites archéologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique.

Dans les pages web qui suivent, il faut noter que nous avons listé des biens non pas en mettant l'accent sur la caractéristique « universelle exceptionnelle », mais en termes des monuments et sites archéologiques, traditionnels, historiques, coloniaux et post-coloniaux du Congo, en tant que témoignages de l'art (rupestre y compris) et de l'architecture traditionnelle, religieuse (églises,  missions,  séminaires), civile :  de l'activité industrielle (mines, ports, plantations) et des conceptions urbanistiques.

De ces éléments ci-haut cités se dégagent clairement des données matérielles du paysage culturel congolais, mais aussi en filigrane des données immatérielles sous forme :

a)  des savoirs : au niveau de la connaissance de l'environnement du point de vue étHologique. pédagogique, géologique, religieux et cosmologique, etc....:

b) des savoir-faire : au niveau des connaissances techniques sur l'agriculture, l'élevage, la métallurgie, l'architecture, la navigation, etc....:

Avant qu'on arrive à lister les monuments et sites du Congo, il importe de signaler dans quel contexte ce patrimoine culturel, historique et naturel a été identifié, répertorié et éventuellement classé.

En effet, la situation archéologique de la République Démocratique du Congo. malgré son importante position géo-historique au centre de l '.-Afrique occidentale, orientale et australe, reste des plus  déplorables. Car, c'est à peine à partir des années 1970, dès la création de l'Institut des Musées Nationaux du Congo, IMNC en sigle, par l'ordonnance n° 70-089 du II mars 1970 que se sont développées des prospections et fouilles plus systématiques. Ainsi, grâce à des missions archéologiques conduites par les chercheurs de l'IMNC, du Musée de Tervuren, des universités de Bruxelles et Hambourg ainsi que du Musée d'Histoire naturelle de l'université de Virginie, missions axées sur les sites connus et non fouillés selon les techniques  modernes, quelques sites et monuments non classés ont été répertoriés.

Il  n'y  aurait  pas  d'excuses  pour  ces  lacunes  quand  on  sait  que  la  première législation sur la protection du patrimoine culturel part du décret du 16 août 1939. Mais à cette  époque  coloniale,  l'attention  était  focalisée  sur  la  découverte  de belles  pièces.

L'ordonnance-loi n" 71-016 du 15 mars 1971. complétant celle portant création de l'IMNC, abrogea le décret de 1939. sauf en ce qui concerne les sites naturels.

En outre, une commission de classement des biens culturels fut instituée par le ministre en charge de la culture.

Cet effort louable sur le plan des textes ne s'est jamais accompagné des actions durables sur le terrain. Les recherches commencées dès la création de l'IMNC se sont progressivement tassées pour automatiquement s'arrêter à partir des années 80. suite à la basse conjoncture socio-économique du pays. De même . l'ordonnance présidentielle devant rendre opérationnelle la commission de classement n'a jamais été prise. Ce qui ne peut donner lieu à de nouveaux classements, les derniers en date remontant à 1959.

D'où. à ce jour. la grande République Démocratique du Congo compte à peine une cinquantaine de monuments et sites classés, et par conséquent plus de 90 % des sites archéologiques sont restés inconnus.

 

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